Newsletter n° 2026 - semaine 03 du samedi 17 Janvier

La RSE n'est pas votre sujet

« La RSE n'est pas mon sujet » : une phrase qui coûte cher aux TPE et PME

Si vous êtes le dirigeant d’une TPE ou d’une PME, vous vous êtes peut‑être déjà dit au moins une fois ::
« La RSE, ce n'est pas pour moi. Je n'ai pas le temps, pas le budget, et de toute façon mes clients ne choisissent pas sur ça. »

Sur le moment, cette phrase rassure. Elle vous permet de vous concentrer sur vos urgences visibles : livrer, recruter, tenir la trésorerie, gérer le quotidien. Le problème, c'est qu'elle ne décrit plus la réalité du terrain.
Les règles du jeu ont commencé à bouger sans attendre que vous soyez prêt, et la RSE est en train de devenir un élément de votre environnement business, malgré vous.

L'objectif de ce texte est de décortiquer trois idées très répandues chez les dirigeant·es de PME/TPE, de montrer où elles deviennent dangereuses… et de vous donner des repères plus fiables pour décider.

NB : vous l’aurez compris, si vous êtes déjà un spécialiste de la RSE ou une grande entreprise, cet article n’est pas pour vous. Cet article est destiné aux ME (microentrepreneur effectif de moins de 10 personnes) et aux TPE/PME (effectif de moins de 250 personnes), concernées par la VSME (Norme Volontaire de rapport durable pour les TPE et PME).

Mais, cela peut servir de source d’inspiration, je l'espère ! Je vous laisse juge.

Voyons :

  • 1. « La CSRD, c'est pour les grands groupes, pas pour moi »

  • 2. « Mes clients ne choisiront jamais un concurrent juste pour un rapport RSE »

  • 3. « Faire de la RSE, c'est un coût de plus, sans retour immédiat »

  • 4. « Il faut une équipe ou un expert dédié »

  • 5. Pourquoi ces phrases rassurent… et pourquoi elles deviennent dangereuses

  • 6. Et maintenant ?

1. « La CSRD, c'est pour les grands groupes, pas pour moi »

C'est une phrase qu'on entend partout :
« La CSRD, c'est pour les grosses boîtes, les sociétés cotées, pas pour les structures comme la mienne. »

Techniquement, c'est vrai pour une majorité de TPE/PME : vous n'êtes pas directement dans le périmètre réglementaire.
Mais ce n'est pas là que se joue l'enjeu.

Ce qui change, ce n'est pas seulement la loi.
Ce sont les attentes de vos clients, de vos donneurs d'ordre, de votre banque, de vos investisseurs, de votre assureur.

Concrètement, cela donne :

  • Des grands groupes qui doivent rendre des comptes sur leur chaîne de valeur et qui, du coup, commencent à demander des informations RSE à leurs fournisseurs, même petits.

  • Des banques qui intègrent de plus en plus des critères ESG dans leurs analyses de risque et qui cherchent des signaux de sérieux, même simples, sur la façon dont vous gériez vos impacts.

  • Des appels d'offres où l'on vous demande déjà de décrire vos actions en matière d'environnement, de social, d'éthique, de gouvernance, même en quelques lignes.

Vous pouvez décider de ne pas vous en occuper pour l'instant.
Mais vous ne pouvez plus décider que « ce n'est pas votre sujet ».
C'est devenu un sujet de relation clients, de financement et de réputation, au même titre que la qualité ou les délais.

2. « Mes clients ne choisiront jamais un concurrent juste pour un rapport RSE »

Deuxième idée très répandue

« Mes clients me choisissent pour mon expertise, mon prix, ma réactivité. Ils ne vont pas aller chez un concurrent juste parce qu'il a un rapport RSE. »

Formulée comme ça, la phrase pourrait paraître presque vraie. Très peu de clients se lèvent le matin en se disant : « Je vais changer de fournisseur pour avoir un beau rapport RSE à lire. » Ce n'est évidement pas comme ça que ça se passe. La bascule est plus subtile, plus silencieuse.

Voici ce qui se joue en réalité :

  • La RSE ne décide pas seule… mais elle élimine certains prestataires dès le départ. Si vous n'êtes pas capable de fournir un minimum d'informations quand on vous les demande, vous pouvez être écarté avant même que votre prix soit comparé.

  • Pour certains clients, l'absence de preuves devient un risque. Ils peuvent avoir peur d'un bad buzz, d'un contrôle, d'un audit où votre nom apparaît comme un maillon faible.

  • Quand deux offres se valent sur le plan technique et prix, la capacité à documenter des engagements ESG, même simples, devient un critère de confiance.

  • De plus en plus de grand donneurs d’ordre fonctionnent avec le référentiel ECOVADIS, et là pas d’échappatoire

  • Les marchés publics intègrent la RSE

  • dans leurs spécifications techniques (articles L2111-2 et L3111-2 du Code de la commande publique),

  • dans les conditions d'exécution (articles L2112-2 et suivants du Code de la commande publique)

  • et, à compter d’août 2026, dans les critères d'attribution (articles L2152-7 et L3124-5 du Code de la commande publique), ce qui rend désormais impossible le recours au critère unique du prix

Vous ne voyez pas ces arbitrages, parce que vous ne voyez pas les appels d'offres auxquels vous n'êtes pas convié.
Vous ne voyez pas les discussions internes où quelqu'un dit : « Celui‑là, on le met de côté, on ne sait rien de lui sur ces sujets. »

Vous ressentez juste une impression un peu diffuse

  • On nous consulte moins.

  • On ne comprend pas pourquoi on ne passe pas.

  • On a perdu un client sans explication très claire.

Ce décalage n'a rien à voir avec votre valeur métier mais avec votre incapacité à fournir des éléments que certains clients et donneurs d’ordre considèrent désormais comme non négociables.

3. « Faire de la RSE, c'est un coût de plus, sans retour immédiat »

Troisième croyance :

« La RSE, c'est surtout de la paperasse, des indicateurs à remplir, des consultants à payer. Je n'ai pas les moyens d'ajouter une couche administrative. »

Là encore, cette perception ne sort pas de nulle part.
Vous voyez des exemples de grands groupes qui produisent des rapports de centaines de pages, vous entendez parler de normes, de réglementations, de taxonomie, de CSRD… et tout cela ressemble à une usine à gaz.

Mais pour une entreprise de 5 à 250 salarié·es, l'enjeu n'est pas de copier les grands. L'enjeu est de :

  • réduire quelques risques très concrets (perdre un gros client, voir se fermer une porte vers un financement, rater un marché) ;

  • mettre en valeur ce que vous faites déjà, souvent de manière informelle, auprès de vos équipes et de vos partenaires ;

  • vous donner un minimum de structure pour répondre sans improviser quand on vous pose une question sur vos impacts ou vos engagements.

Un socle RSE adapté à une PME/TPE, ce n'est pas un rapport de 80 pages.
Cela peut être :

  • quelques engagements clairs, alignés avec votre activité ;

  • quelques indicateurs suivis simplement (ex : sécurité, climat social, énergie, déplacements, achats clés) ;

  • une façon structurée de répondre aux demandes des clients, des banques, des partenaires.

Ce n'est pas un coût administratif pur.
C'est une assurance business : vous réduisez votre vulnérabilité à des décisions que d'autres pourraient prendre à votre place.

4. « Il faut une équipe ou un expert dédié »

Autre frein très présent :

« On n'a ni service RSE, ni responsable dédié. On n'a pas la compétence en interne. »

Dans les faits, très peu de structures de 5 à 250 personnes ont une équipe dédiée. Et pourtant, certaines avancent. Pourquoi ?
Parce qu'elles acceptent de faire simple et proportionné, plutôt que d'attendre d'avoir « l'organisation idéale ».

En pratique, cela peut ressembler à :

  • Une personne en interne qui consacre un petit volume de temps au sujet (direction, finance, RH, QSE…).

  • Un cadre ou un standard simple pour structurer la démarche.

  • Un accompagnement externe ciblé pour éviter de se perdre dans la masse d'informations disponibles.

Vous n'avez pas besoin de tout savoir pour commencer.
Vous avez besoin d'un cadre qui vous évite de vous éparpiller et de vous faire peur avec des exigences qui ne sont pas les vôtres.

5. Pourquoi ces phrases rassurent… et pourquoi elles deviennent dangereuses

Les trois phrases — « la RSE, ce n'est pas mon sujet », « mes clients ne choisiront pas pour ça », « c'est un coût de plus » — ont un point commun : elles vous protègent à court terme. Elles vous permettent de :

  • rester focalisé sur ce que vous connaissez ;

  • éviter un sujet que vous associez à de la complexité, des normes, des rapports ;

  • repousser à plus tard une discussion que vous pressentiez inconfortable.

Mais la question est de continuer à bâtir votre stratégie comme si ces phrases décrivaient fidèlement votre environnement alors que les signaux changent. En clair :

  • Vos clients ne vous attendront pas.

  • Vos concurrents les plus lucides ne vous attendront pas.

  • Vos financeurs ne vous attendront pas.

Vous pouvez contester la vitesse du mouvement, son intensité, ses excès. Mais vous ne pouvez plus remettre en cause sa réalité.

6. Et maintenant ? Un chemin pragmatique pour « y aller »

Cette première analyse a un objectif simple : éclairer cette phrase un peu "à l'emporte pièce" : « la RSE n'est pas mon sujet ». Cette phrase est complètement déconnectée de la réalité d'une TPE ou PME d'aujourd'hui.

  

La vraie question, maintenant, c'est : Comment aligner votre perception de la RSE avec ce que vos clients, vos financeurs et vos concurrents sont déjà en train de faire évoluer ?

 

Dans le prochain texte, je vous propose de sortir du discours général et regarder ce sur quoi vos clients et vos concurrents avancent déjà…
Pour que vous puissiez décider en dirigeant, en connaissance de cause, plutôt que subir des critères que vous n'avez pas vus venir.

En attendant la semaine prochaine, je vous propose de nous retrouver ce mardi 20 janvier à 11h20 pour déjà approfondir ces questions.

S'informer et se former étant pour moi la première étape inéluctable d'un parcours qui nous attend tous et que beaucoup tout de même ont déjà entamé : Se former et gérer ses activités avec les questions ESG / RSE

Se former et gérer ses activités avec les questions ESG / RSE

Beaucoup de dirigeants de petites structures oscillent entre deux extrêmes : ne rien faire en attendant d’y voir clair, ou se lancer dans des démarches complexes et coûteuses, calquées sur celles des grands groupes.

Ni l’une ni l’autre de ces options n’est adaptée.

  • Laisser dormir le sujet en pensant être « définitivement tranquille ».

  • Empiler des actions RSE sans indicateurs ni cadre.

  • Acheter des solutions hors de prix, surdimensionnées pour la taille de l’entreprise.

Je vous propose d'en parler le mardi 20 janvier à 11h20 avec

Une solution : La méthode M.I. A. comme Indicateurs Adaptés.

Comment disposer, de vos indicateurs ESG* adaptés, en un rapport prêt à être publié avec la méthode M.I.A. ...

Dites STOP aux avalanches de questionnaires des clients et fournisseurs

Accédez à des financements plus favorables

Répondez aux demandes des marchés publics

En conformité avec la norme VSME

...

| SANS COMPLEXITE | SANS SURCOÛT | ET SANS PERTE DE TEMPS

Voici le lien pour vous inscrire :


à suivre ...

La semaine prochaine nous examinerons ce sur quoi vos clients et vos concurrents avancent déjà our que vous puissiez décider en connaissance de cause, plutôt que subir des critères que vous n'avez pas vus venir.

En attendant, je compte sur vous ce prochain mardi 20 janvier.


à bientôt dans un prochain post : pour en savoir plus, continuer à se former, échanger les bonnes pratiques et changer nos habitudes.

Transition écologique signifie avant tout Transformation des modes de vie.

Bonne semaine !

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